vendredi 23 novembre 2012

Interview de Frédéric Grappe, entraîneur à la FDJ/ Big Mat


Entraîneur de l'équipe FDJ-BigMat, Frédéric Grappe a donné une interview pour Vélo 101 - "L'avenir du cyclisme français sera bon parce que l'on a plus rien à envier aux autres nations du top niveau mondial".


Extraits de cette interview :

Frédéric, comment voyez-vous l'avenir du cyclisme français ?

Je suis plutôt optimiste pour le cyclisme français car je sais que depuis l'affaire Festina on a, en règle générale, bien travaillé en France et je pense que l'on va très bientôt récolter les résultats de notre travail. Ce dernier n'a pas encore payé car depuis 1998, il y a eu l'arrivée du "cancer Armstrong" qui a touché certaines personnes mais qui ne s'est pas complètement généralisé et heureusement. Pendant ce temps-là, d'autres au lieu de recourir aux dérives que l'on connaît ont décidé de continuer à travailler "normalement" et je crois que nous en faisons partie. Je suis vraiment confiant quant à l'avenir du cyclisme français car nous avons trouvé les bons modèles méthodologiques à appliquer avec les jeunes et nous les maîtrisons relativement bien vu les résultats des jeunes depuis quelques années. Mais aujourd'hui ce qu'il nous reste à faire c'est de réussir à les amener au plus haut niveau. Cela prendra encore un peu de temps mais vu le talent de nos jeunes nous avons toutes les chances d’y parvenir. Surtout avec un cyclisme qui va mieux. Pour moi l'avenir du cyclisme français sera bon tout simplement parce que l'on a plus rien à envier aux autres nations du top niveau mondial.

Que doivent faire les jeunes coureurs pour réussir ?

Le premier conseil que je leur donne, c'est tout simplement de s'encadrer d'un entraîneur. Le cyclisme a longtemps vécu sans l’aide d’entraîneur mais depuis dix ans cela change dans le bon sens. Je pense que dans n'importe quel sport, à n'importe quel niveau, la progression passe systématiquement par un entraîneur. Le contraire me paraît impossible. Depuis quelques années, les jeunes coureurs français ont compris qu'un suivi d'entraînement était indispensable. Par exemple, aujourd'hui tous les coureurs ou presque qui passent professionnels travaillent avec un entraîneur alors qu'avant ce n'était pas toujours le cas. De ce côté-là le modèle français est à féliciter.

Tout le travail d'un cycliste s'effectue avant ses 21 ans ?

Effectivement, si pendant les années "pré-21 ans" le cycliste n'a pas travaillé en qualité, sa progression va être compliquée. Jusqu'en Cadets, il faut s'amuser techniquement, il faut faire découvrir au jeune une multitude d'activités cycliques sans vraiment se spécialiser. Ensuite, arrivé aux années Juniors il n'est plus l'heure de s'amuser car les deux années de cette catégorie font partie des cinq années fondamentales (17-21 ans) pour former un bon cycliste. C'est durant cette tranche d'âge qu'il faudra faire progresser au maximum le potentiel physique du coureur sans oublier son potentiel mental. Ce dernier, trop souvent oublié, est primordial pour effectuer de bonnes performances. C'est donc aux clubs que revient la tâche de réussir à faire progresser leurs coureurs doués d'année en année durant cette période-là.

"Les performances globales lors du Tour de France 2012 sont tout à fait acceptables. Pour moi, elles vont dans le bon sens".

Vous n'avez donc aucune suspicion sur l'équipe Sky ?

Non car leurs performances en montagne ne sont pas sujettes à caution. Elles ne sont pas en dehors du modèle de performance humain. Sur ce que j'ai pu observer et mesurer, je n’ai pas de raison d’émettre de doutes sur les performances brutes en montagne de cette équipe sur le Tour de France. Je vous rappelle que Thibaut Pinot, dont la probité sportive est inattaquable, a souvent fait jeu égal avec eux en montagne. Et douter de notre coureur est impossible puisque nous le suivons déjà depuis les Juniors. Ces performances, nous savions qu'il était capable de les faire. Les performances globales lors du Tour de France 2012 sont tout à fait acceptables. Pour moi, elles vont dans le bon sens puisque les analyses faites sur les puissances développées en montagne sont certes élevées mais passent largement dans le modèle humain.

Qu'en est-il des performances de l'équipe dans son ensemble ?

Effectivement, s'il y a avait un doute à apporter sur cette équipe, c'est sur ce point-là que je le placerais. Ils ont réussi à amener à haut niveau et au même moment neuf coureurs, ce qui est assez remarquable. Je peux vous le dire, ceci est vraiment très compliqué à mettre en place au niveau de la programmation de l'entraînement mais ce n'est pas impossible. La preuve. Mais si on y regarde de plus près, tous ces coureurs-là ne sortent pas de nulle part. De plus, avec ce modèle où toute l'équipe ou presque est partie en stage pour travailler pendant de nombreuses périodes, les doutes ne peuvent qu'être levés. Ces deux derniers points ajoutés ne peuvent pas me faire douter sur la crédibilité de cette équipe. Aussi, je ne vois pas un homme comme David Brailsford mettre en place un processus de dopage organisé au sein de son équipe. Je suis peut-être naïf mais mon honnêteté scientifique me dit d’y croire. En revanche, ils travaillent très certainement à la limite autorisée dans certaines méthodologies.

Pour aller plus loin dans cette interview, copier les liens suivants sur votre navigateur :

http://www.velo101.com/pros/article/interview-de-frederic-grappe-(22)--6409
http://www.velo101.com/pros/article/interview-de-frederic-grappe-(12)--6403

Le site de Frédéric Grappe : http://www.fredericgrappe.com/

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